Modibo Kane CISSE, Chef de la division O.N.G. de la Cellule d'Appui au Développement à la Base, au sein du Ministère de l'Administration Territoriale et des Collectivités Locales, au Mali

Alaphabétisation«  L'action qu'Eau Vive mène en République du Mali depuis deux décennies correspond à des attentes, des préoccupations, des besoins réels. Les Maliens et Maliennes des campagnes la considèrent comme une espérance. Nous pouvons affirmer sans nous tromper que l'expérience, l'expertise, le savoir-faire et le savoir-être capitalisés par l'organisme sont autant de leçons et d'enseignements convaincants de pragmatisme.

En effet, à travers ses approches méthodologiques, ses outils pédagogiques performants, Eau Vive nous a montré que tout développement à la base doit réellement être à la fois endogène, intégré, participatif, implicatif, durable. Dans ce cheminement Eau Vive a su embrasser beaucoup de domaines inexploités par d'autres intervenants.

Dépassant de loin l'espace qui lui est et était accordé, Eau Vive a su développer de bons rapports avec les structures à la base (villages, communautés rurales, communes, conseils communaux de cercles) et au sommet (Haut conseil des collectivités territoriales décentralisées, D.N.C.T., C.A.D.B.). D'autre part, elle a su impliquer les services techniques d'Etat dans l'exécution et le suivi de ses actions.

En conclusion, nous constatons qu'en matière de vie quotidienne, de mobilisation villageoise, de dynamique sociale, de perception des questions de développement, Eau Vive a innové et transformé radicalement les façons et manières de faire et de voir des villages et communautés qu'elle a accompagnés. Elle est la devancière expérimentée du processus de démocratisation, décentralisation, déconcentration et de bonne gouvernance en cours au Mali depuis la révolution démocratique victorieuse du 26 mars 1991. Bon vent à Eau Vive.


Sidibé KABORE, chef du village de Bouloum Nabyiri (Burkina Faso)

case de santé« Grâce à l'appui et à la solidarité d'Eau Vive, nous avons réalisé des bâtiments scolaires en 1998 et un dispensaire-maternité en 2002. Toute la population et moi-même, nous adressons notre profonde reconnaissance aux représentants de l'association à Ouaga ainsi qu'aux gens en France. C'est un sentiment de joie et de réussite qui emplit mon cour d'espoir pour les enfants qui naîtront désormais dans une maternité équipée et fonctionnelle, pour les femmes enceintes qui pourront donner la vie dans de meilleures conditions, pour les habitants qui auront des soins de qualité au dispensaire .

L'adage populaire dit « On ne s'attend pas à ce qu'un lépreux fasse de la musique et voilà qu'il surprend tout le monde en jouant des castagnettes ». Tel est le cas de mon village dont les habitants n'avaient aucun moyen, avant leur rencontre avec Eau Vive, d'espérer de telles infrastructures sanitaires et éducatives. Aujourd'hui c'est chose faite grâce à notre partenariat. Notre santé va s'améliorer, et aussi notre espérance de vie va augmenter !


Sanga BOULAYE, animateur du village de Babo (Burkina Faso)

« A travers l'action d'Eau Vive, je note plusieurs changements pour moi-même et pour le village. D'abord notre perception du développement s'est améliorée : maintenant les gens ont pris conscience que le développement du village ne se résume pas à la réalisation d'un projet ponctuel, même prioritaire. Il faut plusieurs actions complémentaires dans les différents domaines de la vie des habitants (santé, hygiène, instruction, formation, production, etc.). Nous avons également pris conscience de la nécessité de mieux nous organiser au sein du village, d'analyser les actions avant d'entamer leur réalisation.

Dans le domaine de l'organisation interne, on assiste de moins en moins au cumul des fonctions par les responsables villageois et cette situation favorise une meilleure participation de la population aux travaux et aux investissements décidés par le village. On constate une meilleure participation au niveau des réunions. Les femmes ne se gênent plus d'assumer des responsabilités ou de prendre la parole pour exposer leurs contraintes ou défendre leurs idées. Je pense que tout cela est lié aux sensibilisations que Eau Vive a menées dans le village. L'accompagnement d'Eau Vive a renforcé notre organisation par la mise en place de commissions sectorielles, d'une coordination et d'un animateur endogène. Enfin l'approche d'Eau Vive nous a aidés à vaincre un complexe que nous avions vis à vis des agents de l'administration et des services techniques. »


Saloum Massawa MAIGA, chauffeur devenu chef d'entreprise au Mali

« Quand j'ai connu Eau Vive dans les années 1980, j'étais chauffeur mécanicien à l'AFVP (Association Française des Volontaires du Progrès) pour son antenne de Konobougou dans la région de Ségou. A l'époque Eau Vive et l'AFVP appuyaient un programme d'hydraulique villageoise de construction de puits à grand diamètre dans le Cercle de Baroueli. Je voulais comprendre les techniques de réalisation des puits, je passais une partie de mon temps libre à observer et à échanger avec les équipes de puisatiers lors des travaux.

Animation avec les villageoisJ'assistais aux différentes réunions et concertations des villageois entre eux, des villageois avec Eau Vive, avec les équipes de travail et tous les partenaires ainsi qu'avec les autorités locales. Ces moments m'ont permis de comprendre tout l'engagement et toute la mobilisation qui animent les populations pour satisfaire leurs besoins en eau. J'ai vu aussi la dynamique et la dimension de l'appui au développement d'Eau Vive, basées sur la solidarité et la responsabilisation des acteurs à tous les niveaux. J'ai constaté . qu'il y a des personnes, malgré leurs moyens modestes, qui sont en France et qui contribuent au financement des puits ( Saloum sourit en prononçant les noms de quelques donateurs qu'il a rencontrés lors des visites d'échanges au Mali ).

Petit à petit, j'ai participé à des rencontres techniques de puisatiers, des formations organisées par Eau Vive. J'ai pu m'équiper en matériel en bénéficiant des prêts du Compte Mutuel d'Equipement (CME). Tout ceci a fait de moi aujourd'hui un des professionnels du métier du puits au Mali. Je ne suis plus le jeune chauffeur bricoleur, mais un chef d'entreprise. J'ai beaucoup de partenaires pour lesquels je réalise des puits dans toutes les régions du Mali (AFVP, FED, CARE Mali ..) et j'ai des ambitions pour la sous-région. Je remercie le Bon Dieu qui m'a conduit vers Eau Vive, à qui j'exprime toute ma gratitude et ma reconnaissance. IRI KOYE MA BERANDI EAU VIVE !!!. Ce qui veut dire en langue sonrhaï : que Dieu fasse en sorte que Eau Vive devienne encore plus grande »


Safi Welet NIDEYE, représentante des femmes au sein du Comité Villageois de Gestion de Terroir (CVGT) à Gangani (Burkina Faso)

perimètre maraîcher« Pour tout habitant de Gangani et plus particulièrement pour nous les femmes, l'action d'Eau Vive est salutaire car elle a apporté la santé au village en rapprochant le dispensaire et la maternité de la population. Cette situation nous facilite à présent l'accès aux soins et à certains médicaments et nos enfants sont mieux suivis et mieux soignés qu'avant, quand nous devions parcourir une vingtaine de kilomètres pour rejoindre le centre de santé de Markoye ou celui de Gorom-Gorom situé bien plus loin.

Avec l'arrivée des agents de santé à Gangani, nous recevons régulièrement des informations et des conseils pratiques sur l'hygiène, l'eau potable au sein des ménages, les maladies sexuellement transmissibles et le Sida. »


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