MALI - Bancoumana : des jardins maraîchers

Les habitants de Bancoumana aménagent 8 hectares de périmètres maraîcher pour mieux se nourrir et créer des activités génératrices de revenus. 

Malgré une situation assez favorable, à 58 km au sud-ouest de Bamako, dans une plaine alluviale propice à l'agriculture le long du Niger, le maraîchage était dans le passé encore peu développé à Bancoumana : apport en eau inadapté, manque de matériels et d'infrastructures.

En 1992, sous l'impulsion d'Issa TRAORE, animateur très entreprenant, 116 villageois (90 femmes et 26 hommes) créent l'Association Kamadjan, avec pour premier objectif de développer la culture maraîchère dans la zone.

Cette dynamique aboutit à la création de deux jardins maraîchers de 4 ha chacun.

Les membres de l'Association achètent, avec l'aide d'Eau Vive, les matériaux nécessaires pour fabriquer des clôtures très solides : 3 lignes de fils de fer barbelés tendus sur des barres cornières scellées dans des plots de béton. Ils font eux-mêmes l'installation de ces clôtures, pour protéger les cultures de la divagation des animaux.

Ils font construire 6 puits maraîchers pour irriguer les jardins. Le GRAT (Groupe de Recherches et d'Applications Techniques), est le partenaire technique retenu. Les travaux sont réalisés par 3 puisatiers professionnels de cette ONG malienne, et un puisatier du village. Celui-ci, membre de l'association, peut ainsi se former aux techniques particulières des puits en béton armé et pourra, à la fin des travaux, assurer le suivi des points d'eau. Les puisatiers se font aider par 29 membres de l'association pour sortir les déblais lors du creusement des avant-trous et mélanger le béton au moment de la construction des buses.

Dès que la clôture est achevée, en mars 1996, les maraîchers, hommes et femmes, entament des cultures de gombo, oignons, choux, laitues, tomates, aubergines, concombres et bananes.

Bancoumana possède en effet un important marché hebdomadaire, très fréquenté dans la zone : les ménagères de Bamako, ainsi que celles de gros centres comme Kangaba, Siby, Naréna et Karan, viennent y faire leurs achats de légumes et de fruits.

Pendant la saison des pluies, les périmètres sont également exploités en riziculture : 2,5 tonnes de riz ont été récoltées en 1995. On attend une quantité supérieure en 1996.

Les villageois pensent maintenant équiper chacun des jardins maraîchers d'une motopompe, pour faciliter l'arrosage.

Cette action permet aux habitants de Bancoumana de créer une activité saisonnière, en particulier pour les femmes et les jeunes. A plus long terme, ils vont pouvoir accroître leur autosuffisance alimentaire et combattre la malnutrition en variant et en enrichissant leurs menus. Ils vont également augmenter leurs revenus grâce à la vente des excédents.


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