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Mars 2006-- Promouvoir l’accès à l’eau et l’assainissement en Afrique sahelienne Dans les débats actuels sur les enjeux de l'eau, Eau Vive se positionne sur quatre points majeurs :
D'autres acteurs défendent les mêmes idées. Eau Vive les rejoint s'il y a une communauté de vue sur ces quatre points et que la priorité est donnée aux populations les plus démunies et tout particulièrement en Afrique. Au regard de deux questions distinctes : l'accès à l'eau, le service de l'eau. 1. L'accès à l'eau : une priorité. Avec les communautés rurales du Sahel, Eau Vive contribue à améliorer l'accès à l'eau et à l'assainissement pour 100 nouvelles personnes par jour. Ce travail quotidien repose sur des engagements réciproques pris avec les communautés rurales : Tout projet d'accès à l'eau et à l'assainissement doit être fondé sur l'initiative et la responsabilité de la population elle-même, avec toutes ses composantes, en particulier les femmes. Le droit d'accès à l'eau et à l'assainissement est indissociable des autres droits humains ; en particulier celui de vivre en paix et en sécurité. La démocratie, le respect des droits fondamentaux de la personne doivent être garantis par chaque Etat avec l'appui de la communauté internationale. L'accès à l'eau et à l'assainissement doit s'inscrire dans des politiques nationales affirmées, comprenant : la protection de la ressource en eau, la lutte contre la pollution, la gestion de l'eau par bassin versant, la mise en œuvre d'une loi sur l'eau, le contrôle des marchés et du prix de l'eau, un apport financier local selon le niveau de revenus, la prise en charge durable du fonctionnement des installations, la planification des équipements à réaliser, la priorité aux populations les plus vulnérables. L'eau n'est pas un bien marchand, c'est un patrimoine collectif qu'il faut protéger, défendre et traiter comme tel. Puissance publique ou intérêts privés, nul ne peut s'approprier cette ressource. En revanche, le service de l'eau a un coût : l'eau n'est donc pas fournie gratuitement. Le prix de l'eau et de l'assainissement doit correspondre au service d'accès correspondant, fourni par un service public ou délégué à une entreprise privée, sous le contrôle des usagers et des représentants de l'Etat. Un système de péréquation local, national et international peut améliorer l'accès à l'eau et à l'assainissement, en particulier pour les plus pauvres. Les projets d'accès à l'eau potable doivent être complétés par des équipements d'assainissement et par des formations à l'hygiène et à la santé liée à l'eau. Si l'eau est elle-même la première richesse, elle est aussi, avec un complément de moyens, source de nouvelles richesses : elle permet d'améliorer la santé, de produire davantage et de renforcer la sécurité alimentaire, de régénérer l'environnement. L'eau est aussi un domaine de création d'emplois qui fait appel aux compétences et aux entreprises locales. Autour de l'eau, toute la communauté s'organise et se renforce. Pour être viables à long terme, les projets d'accès à l'eau et à l'assainissement doivent être accompagnés dans la durée : formation et équipement dans le domaine de la santé, de l'instruction, de la production agricole et artisanale. C'est aussi le travail quotidien d'Eau Vive, avec plus de 600 communautés rurales dans 5 pays du Sahel, Sénégal, Mali, Burkina Faso, Togo et Niger. 2. Le service de l'eau : un simple choix de moyens. Actuellement, une grande polémique oppose partisans et adversaires de la privatisation du service de l'eau. Pour Eau Vive, qui s'appuie sur près de trente ans d'expérience de terrain : Un bon service de l'eau n'est envisageable que sur la base d'un partage des responsabilités et des attributions entre quatre types d'acteurs majeurs : 1) Un acteur public national, l'Etat, législateur, planificateur, régulateur au niveau national comme dans la mise en place de systèmes de gestion au niveau international (bassins versants notamment, par exemple au sein de l'Autorité du Bassin du Niger ) ; 2). Un acteur public local : la collectivité humaine concernée (commune, canton, région ...), maître d'ouvrage des investissements et de la gestion du service de l'eau et de l'assainissement au niveau local. Cette collectivité choisit de gérer elle-même le service ou de le déléguer à un acteur privé dans le cadre de procédures claires, transparentes pour les usagers du service. 3). Les usagers de cette communauté : organisés, formés, ils sont donc acteurs dans la réalisation des équipements puis de leur gestion, responsabilisés dans le suivi et le contrôle de la gestion du service. 4). Eventuellement des acteurs privés, intervenant strictement à la demande de la collectivité locale maître d'ouvrage, pour assurer tout ou partie du service dans le cadre strict d'une délégation précise et transparente (fontainier, artisan-réparateur, entreprise...). Gestion publique ou privée du service de l'eau ? La question en fait n'est pas pertinente : . Les exemples de bonne ou mauvaise gestion abondent dans les deux cas ; . Ce ne sont pas les acteurs en tant que tels qui sont contestables, ce sont les procédures d'attribution des marchés, la gestion technique et financière du service, sa tarification, et surtout le fait qu'on ne prenne pas en compte le droit à l'eau pour tous ; . La focalisation sur le rôle des grands groupes internationaux, dont certaines pratiques sont parfois très contestables, car les autres acteurs sont le plus souvent empêchés de jouer leur rôle, masque un enjeu beaucoup plus important : la formation des maîtres d'ouvrages et des usagers, étape incontournable pour permettre un accès à l'eau et à l'assainissement satisfaisant. En conséquence il faut des fonds, non seulement pour la réalisation des équipements, mais aussi pour la mise en place d'une gouvernance locale de l'eau et de l'assainissement. L'action d'une ONG comme Eau Vive consiste à proposer des solutions concrètes, issues d'expériences de terrain. Elle sait dans quelles conditions ce service de l'eau peut être assuré :
En matière de plaidoyer, en Europe, en Afrique, ou ailleurs, devant de nombreuses instances internationales, Eau Vive soutient toutes les mobilisations qui s'attachent à défendre les intérêts des plus défavorisés, reconnaissent leurs compétences et se font l'écho de leurs revendications, en premier lieu celles qui concernent l'accès à l'eau et à l'assainissement. Pour plus d'informations ou pour des entrevues, veuillez communiquer avec : |