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Rapport de mission au Burkina Faso - 11 février au 18 février 2006 - Eau Vive Sahel Arrivé plusieurs jours plus tôt en tant qu'organisateur de la mission d'échange, avec une étudiante en géographie de l'Université de Pau, dont c'est le premier contact avec l'Afrique. Nous assurerons les ultimes préparatifs matériels de la mission. Divers rendez-vous locaux. Samedi 11 février - En compagnie des Conseillers Techniques d'EAU VIVE Burkina Faso, j'accueille le groupe de donateurs de Pau. Un peu désorientés, forcément. Pour la plupart, c'est le premier contact avec l'Afrique, dont ils ont beaucoup entendu parler, mais qui malgré tout ne ressemble pas à ce qu'ils ont dû imaginer. Outre ses bagages personnels, chacun traîne un énorme carton rempli du matériel à remettre dans les villages. Installation à l'hôtel. Dimanche 12 février – Réunion de travail dans les bureaux d'EAU VIVE, afin que les deux équipes puissent faire connaissance et que l'organisation de la mission soit bien comprise de part et d'autre. Départ pour Kéra, au nord du Burkina Faso. Plusieurs heures de route goudronnée puis piste de latérite rouge. Poussière plein les yeux et la gorge. Accueil par une troupe de jeunes hommes au son de curieuses flûtes droites, qui dansent courbés en se balançant d'un pied sur l'autre. J'ai l'impression qu'ils n'ont pas cessé jusqu'à notre départ le lendemain. La population suit le véhicule en dansant et chantant jusque sous de grands arbres où auront lieu les présentations et les conversations. Serrage de plusieurs dizaines de mains. Tout le monde très poli. Commencent les discours de bienvenue et les présentations réciproques, ponctués de youyous. Installation dans une maison rectangulaire en ciment couvert de tôle. Sommaire mais propre. Nous dormirons ce soir sur la natte posée à même le ciment. Latrines toutes neuves à l'extérieur. Le soir, repas de fortune et discussion informelle avec les habitants ; ce sont toujours des moments riches. Lundi 13 février – Visite d'une ferme avicole, en clair un élevage de poulets, monté de toute pièce par un ancien émigré qui y a investi 25 ans d'économie et de travail en Italie. Château d'eau, forages tests positifs, canalisations prêtes à poser ou déjà enterrées, matériel d'élevage. Tout est là ou presque. Manque encore un peu d'argent. Un dossier est présenté au conseiller technique d'Eau Vive. Visite de l'école primaire où Eau Vive a construit 3 salles de classe, claires et ventilées. Comment les enfants pouvaient-ils travailler dans les anciennes salles, de vraies fournaises. Enfants très sages et polis, un peu impressionnés aussi. Monsieur le Directeur est encore jeune, de haute stature, et donne une impression de tranquille autorité. Visite du forage d'eau potable cofinancé par les donateurs de la zone de Pau. La pompe est bien là, entretenue et très utilisée, par l'école mais aussi par le village. Visite du Centre de Santé ; l'infirmier principal chef de poste est également encore plein d'énergie. Avec le Directeur de l'école, ce sont de bons relais locaux pour Eau Vive. Remise du matériel sportif de l'Elan Béarnais (T-shirts et shorts) pour un match de foot improvisé. Soirée avec les villageois, rires et petits cadeaux artisanaux. Personnellement, j'ai préféré relâcher le pigeon qui m'a été offert. ![]() Visite du forage d'eau potable cofinancé par les donateurs de la zone de Pau. © D. BAYLE
Remise du matériel sportif de l'Elan Béarnais (T-shirts et shorts) pour un match de foot improvisé. © D. BAYLE Mardi 14 février – Remise de l'essentiel du matériel scolaire collecté à Pau et dans les environs, devant les villageois rassemblés. L'objectif d'un dictionnaire par classe (oui, un seul !) est tenu. Départ. Passage au village de Bouloum et visite du centre de santé et de l'école, équipés par Eau Vive, mais sans implication des donateurs palois. Accueil toujours chaleureux.
"Matériel remis par l'Instituto Universitàrio Dom Afonso III de Loulé, Portugal" © D. BAYLE Mercredi 15 février – Réunion de travail dans les bureaux d'Eau Vive à Ouagadougou. Très utile pour confronter ses impressions, poser des questions et mieux comprendre ce qu'on a vu. Jeudi 16 février – Départ pour Koulpissi, vers le sud-est. Au-delà de Koupela, plus de route ni de piste. On ne risquait pas d'y arriver par hasard ! Population rassemblée sous un manguier. Youyous et danses. Puis discussions très pointues sur l'historique du forage d'eau potable, l'organisation du village autour du projet, l'entretien des installations. Pas mal pour des gens qui ne sont pas tous allés à l'école ou si peu de temps. A signaler : l'association locale d'éleveurs, le Recopa, qui joue visiblement un rôle essentiel dans le dynamisme durable du projet. Coup de savate sur un scorpion en promenade. Visite du forage. La pompe est là, et elle aussi fonctionne. Tout va bien. Retour vers Ouagadougou. Visite au lac de Bazoulé, où les caïmans sont toujours aussi … souriants. Brrr … Vendredi 17 février – Très tôt le matin, cérémonie du faux départ en guerre du Moro Naaba, le roi des Mossis de Ouagadougou. Tous les dignitaires sont rassemblés en grande tenue afin de lui rendre hommage et qu'il renonce à leur faire la guerre. Cérémonie heureusement devenue symbolique. Réunion de travail, toute la journée. Objectif : poser toutes les questions sur le fonctionnement des projets sur site et du bureau de Ouagadougou. Petits achats en ville (forcément !). Accueil de dernière minute chez le Larlé Naaba Tigré, ministre de la Culture du roi des Mossis de Ouagadougou. Samedi 18 février – Nostalgie déjà sensible chez ceux qui partent. Dernière réunion de travail, derniers achats, pré-enregistrement. Le soir, adieux à l'aéroport. Impression de vide lors du retour à l'hôtel. La mission s'est bien passée. Chacun a pu approfondir sa connaissance des autres membres du groupe qui travailleront mieux ensemble au retour à Pau, et surtout ajuster ses idées sur l'Afrique et la façon de soutenir les projets de développement. C'était l'objectif. Tous pensent déjà à revenir. Mais la liste des volontaires pour le prochain départ est déjà longue. A bientôt à Pau. Cordialement, Didier BAYLE (Eau Vive Sahel) |