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Eau et climat : Relevons le défi

En 2015, l’Assemblée générale des Nations Unies a adopté l’Agenda 2030 pour le Développement Durable et les nouveaux Objectifs de Développement Durable (ODD). Ceux-ci tracent une trajectoire vers un accès universel aux services essentiels et un développement durable.

Mais le changement climatique, en impactant négativement la quantité et la qualité des ressources en eau, en augmentant la pression sur celles-ci et en accentuant les risques de catastrophes naturelles, menace de réduire à néant les efforts qui seront entrepris.

Togo- Aux alentours de Dapaong
Togo- Aux alentours de Dapaong
Sénégal - A la saison des pluies
Sénégal - A la saison des pluies
Sénégal - Pont de bois sur la route asséchée de Bani Israël
Sénégal - Pont de bois sur la route asséchée de Bani Israël
Burkina Faso - sur la route de Gorom
Burkina Faso - sur la route de Gorom
Niger - le resultat d'une période de secheresse de plus plus longue
Niger - le resultat d'une période de secheresse de plus plus longue
Burkina Faso - un point d'eau noyé sous les eaux
Burkina Faso - un point d'eau noyé sous les eaux
Burkina Faso - une route asséchée
Burkina Faso - une route asséchée

L’eau est au cœur des changements climatiques, elle est le principal vecteur par lequel ces changements impacteront les sociétés et les écosystèmes : modification des régimes de précipitations, du ruissellement, augmentation du niveau de la mer, processus de désertification, catastrophes naturelles… Ces variations auront de fortes répercussions humaines, économiques et environnementales, que ce soit à travers l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, la sécurité alimentaire, la santé, l’énergie, la préservation des écosystèmes, sans oublier les catastrophes naturelles liées à l’eau. Les populations les plus touchées par les impacts du changement climatique seront, et sont déjà, les populations les plus vulnérables, notamment celles vivant dans les pays les moins avancés et les Etats fragiles.

Mais l’eau, élément transversal aux autres secteurs, est aussi une solution face au changement climatique. L’accès à l’eau potable et à l’eau agricole permet d’améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables, et d’accroître leur résilience. La Gestion Intégrée des Ressources en Eau (GIRE) est l’un des piliers de l’adaptation. Par ailleurs, une grande partie des solutions énergétiques bas-carbone dépendent de la disponibilité de la ressource.

Alors que les Etats ont ratifié l’Accord de Paris sur le Climat, fixant pour objectif de limiter le réchauffement climatique à 2°C voire 1,5°C par rapport à la période préindustrielle, et que la majorité d’entre eux ont fait de l’eau l’une des premières priorités de leurs stratégies d’adaptation, il faut se rendre à l’évidence : nous sommes encore loin de cet objectif de 1,5°C et les
promesses des Etats nous placent plutôt aujourd’hui sur une trajectoire d’un réchauffement compris entre 2,7 et 3,5°C. Alors même que l’année 2016 a battu des records de chaleur par rapport à la moyenne 1961-1990, selon le dernier bilan climatique annuel établi par l’Organisation Météorologique Mondiale (OMM).

Face à ce manque de volonté politique, l’action des acteurs non-étatiques est essentielle. Car l’action contre le dérèglement climatique ne peut être efficace que si elle réussit à fédérer l’ensemble des acteurs en capacité d’agir : collectivités locales, organismes de bassins, entreprises, organismes de recherche, organisations de la société civile… Complémentaire de celle des Etats, l’action des acteurs non-étatiques permettra de renforcer les synergies et de catalyser les efforts, afin d’espérer rester, à terme, en-deçà des 1,5°C fatidiques.

C’est dans cette perspective que, constatant chaque jour les effets du changement climatique auprès des communautés, les ONG, acteurs de terrain, expérimentent des solutions et proposent des alternatives pour s’adapter face au changement climatique, tout en garantissant un accès à l’eau potable, à l’eau agricole et à l’assainissement, en préservant la ressource en eau et en assurant sa bonne gestion. Eau Vive, ONG d’appui au développement, en est un exemple concret.

L’exemple du projet d’Eau Vive au Niger : renforcer la résilience des agriculteurs et des habitants au changement climatique dans le département de Dogondoutchi

 

Le Niger est un des pays au monde le moins responsable du changement climatique, mais le plus touché par ses conséquences. Dans ce pays enclavé, dont 75% de la population vit de l’agriculture locale, l’insécurité alimentaire est devenue chronique, du fait d’une grande variabilité interannuelle de la pluviométrie avec des phénomènes climatiques extrêmes (inondations, crues, sècheresse). La production agricole, excédentaire jusqu’au début des années 70, est aujourd’hui structurellement déficitaire du fait de ces sécheresses. C’est particulièrement vrai dans le département de Dogondoutchi, jadis grenier du Niger, qui se trouve aujourd’hui en situation d’insécurité alimentaire chronique.

Eau Vive Internationale, le GERES, l’IRD et les associations locales Demi-E et OSEI-Yanayi se sont donc associées afin de mener un programme de résilience des populations face au changement climatique dans le département de Dongodoutchi. Mené sur 4 ans (2016 – 2020), ce programme bénéficiera à 373 000 habitants. Il s’inscrit dans le cadre des stratégies sur le changement climatique et le développement existantes au Niger.

Il s’agira de mettre en œuvre une démarche intégrée et inclusive à plusieurs niveaux :

  • renforcement des capacités et sensibilisation face au changement climatique ;
  • adaptation des pratiques agricoles ;
  • restauration des sols ;
  • diversification des activités économiques pour améliorer les revenus des ménages ;
  • gestion intégrée de la ressource en eau ;
  • pérennisation de l’accès à l’eau agricole et à l’eau potable et à l’assainissement.

Un système d’informations et d’alertes sur les effets du changement climatique, indispensable pour la mise en place de mesures adaptées, sera aussi mis en place.

CHIFFRES CLES

2 milliards de personnes sont actuellement déjà en situation de stress hydrique

  • 1,8 milliards de personnes consomment une eau insalubre
  • 70% des prélèvements d’eau douce sont consacrés à l’agriculture et 15% à l’énergie
  • La rareté de l’eau, exacerbée par le changement climatique, pourrait coûter jusqu’à 6% du PIB de certaines régions d’ici 2050 (Moyen Orient, Sahel),  accélérer la migration et déclencher des conflits.
  • 90% des catastrophes naturelles sont liées à l’eau

En savoir plus :

Kristel Malègue – Directrice plaidoyer et partenariats internationaux

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