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Journée Mondiale des Toilettes 2017 : pour une meilleure gestion des eaux usées

Le 19 novembre 2017, Journée Mondiale des Toilettes, est l’occasion pour Eau Vive Internationale de réaffirmer son engagement à poursuivre les efforts de mobilisation et de sensibilisation pour une meilleure gestion des ressources en eau, y compris des eaux usées, à l’échelle locale et planétaire. Elle en appelle donc à une plus forte conscience et à un plus fort  engagement des décideurs politiques et financiers (Etats et partenaires au développement), des acteurs du monde de la recherche et des praticiens, afin qu’une plus grande attention soit portée à la menace mais aussi au potentiel que représentent les eaux usées, et afin que des moyens conséquents soient alloués, en vue de pourvoir à des solutions appropriées.

C’est en conjuguant les efforts que nous parviendrons à bout de ce fléau pour un environnement sain, essentiel à la santé et au bien-être de tous.

 

 

 

Journée Mondiale des Toilettes 2017 : pour une meilleure gestion des eaux usées

L’eau est indispensable à toute activité humaine. Qu’ils soient domestiques, artisanaux ou industriels, les différents usages de l’eau produisent des eaux usées. Dans le monde, on estime à près de 80% les eaux usées qui sont rejetées dans l’écosystème sans avoir été traitées. Une situation aux conséquences désastreuses sur la santé, l’environnement et sur la ressource en eau elle-même. Alors que la croissance démographique, l’urbanisation galopante et l’évolution des modes de vie posent de manière accrue la question de la gestion durable des ressources en eau, Eau Vive Internationale se mobilise dans le cadre de la Journée Mondiale des Toilettes ce 19 novembre 2017 pour ajouter de la voix à la voix et réclamer une prise de conscience de l’humanité pour une meilleure gestion des eaux usées.

 

La gestion des eaux usées, un défi de taille pour l’Afrique

 

Dans la plupart des pays d’Afrique subsaharienne, 90% des eaux usées ne sont pas traitées, faisant peser un lourd poids sanitaire, économique et environnemental sur ces nations. Aujourd’hui, dans le monde, 1,8 milliards de personnes boivent une eau contaminée par les excréments, risquant de contracter la diarrhée, le choléra, la dysenterie et bien d’autres pathologies d’origine hydrique (JMP 2014). L’insalubrité de l’eau et le manque d’assainissement et d’hygiène tuent chaque jour 1 000 enfants de moins de 5 ans (OMS, 2014).

 

L’Afrique qui connait une forte urbanisation (plus de 50% de la population sera urbaine d’ici à 2030 selon les estimations), et dont la couverture en assainissement est de seulement d’environ 30%, est particulièrement touchée (JMP 2015). Outre les impacts sanitaires, le manque d’assainissement a un coût colossal : selon l’Organisation Mondiale de la Santé (2012), les pertes économiques dues à un manque d’accès à l’eau potable et à l’assainissement sont estimées à 260 milliards de dollars par an (perte de temps et de productivité, pertes dues aux maladies et dépenses médicales). De plus, le déversement d’eaux usées non traitées dans la nature a un impact désastreux : environnement insalubre, pollution des cours d’eau, etc. C’est enfin plusieurs milliards de m3 d’eau qui sont ainsi abandonnés dans un contexte de raréfaction de la ressource en eau due aux effets des changements climatiques et à des besoins sans cesse croissants. La valorisation des eaux usées devient dès lors un enjeu majeur pour la préservation de la ressource en eau et sa meilleure gestion.

 

En 2015, les Nations Unies ont fait de la gestion des eaux usées l’une des cibles des Objectifs du Développement Durable (ODD). La cible 6.3, au sein de l’ODD lié à l’eau, vise « d’ici à 2030, à améliorer la qualité de l’eau en réduisant la pollution, en éliminant l’immersion de déchets et en réduisant au minimum les émissions de produits chimiques et de matières dangereuses, en diminuant de moitié la proportion d’eaux usées non traitées et en augmentant considérablement à l’échelle mondiale le recyclage et la réutilisation sans danger de l’eau ». Pour l’heure, la problématique ne cesse de s’exacerber et si rien n’est fait pour changer de culture et de comportements, il est à craindre une catastrophe pour l’humanité entière.

 

Face à une telle situation, Eau Vive Internationale se mobilise, s’engage et recommande de :

1. Faire de l’assainissement une priorité politique et financière des Etats, des partenaires au développement et des intervenants au niveau local et national des pays

L’assainissement est longtemps resté une question taboue pour les pouvoirs publics. Si l’on observe des améliorations ces dernières années, la situation est loin d’être satisfaisante. L’assainissement doit constituer une priorité pour les Etats et les partenaires de développement à travers la mise en place de stratégies et plans d’action nationaux, assortis de moyens financiers conséquents.

Eau Vive, engagée depuis près de 40 ans aux cotés des communautés villageoises du Sahel, en soutien à leurs projets de développement et à leur volonté de changement, entend renforcer son action dans le domaine des eaux usées. A ce titre, elle a soutenu au cours de ces dernières années plusieurs projets d’envergure tels que la construction d’un réseau de 4.367 mètres linéaires d’égouts et d’une station de traitement des eaux usées, le raccordement des foyers au réseau d’égouts ainsi que la construction de latrines familiales dans la ville de Kara au Togo. Dans ses différents pays d’intervention, elle oeuvre aussi à la formation des élus et techniciens communaux afin qu’ils s’approprient les différents textes de loi qui régissent la compétence Eau et Assainissement et qu’ils soient en mesure d’assumer efficacement leur rôle de maîtres d’ouvrage de cette compétence dont ils ont la charge.

 

2. Considérer l’ensemble des maillons de la filière assainissement, notamment des eaux usées, pour la mise en place de réponses adaptées aux plans humain, technologique et financier

Chacun des maillons de la filière assainissement doit être pris en compte : collecte, évacuation, transport, dépotage et recyclage, expertise, information-sensibilisation et éducation. Au-delà de la collecte des eaux usées et excrétas, il est important de mettre en place des solutions pour chacun des maillons de la filière, afin d’éviter toute dissémination des eaux usées dans l’environnement et d’en faire un potentiel en termes de ressources en eau et d’emplois. Il en est de même pour les maillons institutionnels et législatifs afin de responsabiliser davantage les collectivités territoriales et leur fournir plus de moyens pour organiser au mieux et au plus près des citoyens, la gestion des eaux usées et excrétas.

 

3. Assurer une gestion durable et équitable du service, qui implique toutes les parties prenantes, notamment les populations et les industries productrices d’eaux usées

Des systèmes de gestion adaptés incluant l’ensemble des parties prenantes doivent être promus. L’accent devra être mis sur la pérennisation (technique, organisationnelle, économique, etc.) des services d’assainissement, ainsi que sur l’accès de ces services aux populations les plus défavorisées. La sensibilisation des citoyens et la promotion de meilleures pratiques et comportements relatifs aux rejets des eaux usées dans la nature est une clé de succès de toute politique en la matière au niveau local. Le niveau local, les acteurs locaux, les idées locales, les solutions locales, les décisions locales, etc., sont les premiers leviers efficaces sur lesquels toute action devra bâtir.

 

 

 

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