Les temoignages des compagnons des communautés Emmaüs

Mission d'appui des compagnons d'Emmaüs Norges au Burkina Faso - été 2005

"Nous étions 7 personnes à partir le 8 juillet pour l'Afrique et ce pendant un peu plus de 18 jours.
La population des villages de Gangani et Tokabangou attendait notre arrivée avec impatience car ils connaissaient le but de notre visite. Mais à Darkoye, c'était la première fois que la communauté Emmaüs apportait de l'aide aux villageois. L'accueil n'en fut pas moins très convivial.
Dans les 3 villages, nous avons planté des arbres, construit des latrines, nous avons aidé les villageois à réparer les grillages et surtout nous avons partagé de merveilleux moments avec une population très chaleureuse. Le chaffeur m'a montré commment repérer dans ce désert de sable !
Chaque matin, le chef discutait avec les villageois et désignait les personnes qui venaient avec nous à la plantation : les villageois fonctionnent par groupement de personnnes de même fonction : les agriculteurs, les forgerons et les tâches étaient alors réparties : tout le monde participe dans la bonne humeur et la joie !
Chaque soir, tout le village se retrouvait devant les cases au centre du village et tout le monde discutait avec nous y compris les enfants qui finissaient par s'endormir dans l'herbe.
A Gangani, j'avais sympathisé avec un villageois et son fils aîné ; en fin de journée il passait devant l'école où nous dormons alors je le suivais dans son champ et je l'aidais; au début il s'est moqué de moi car je ne savais pas me servir des outils, il m'a montré et puis, sans nous parler, chaque soir nous nous retrouvions et nous avions une complicité unique ! Son fils venait aussi me voir et me parlait pendant des heures, j'étais obligé de lui dire de retourner vers ses parents !
Tout au long de ce séjour, j'ai été surpris par le bonheur que dégageaient ces africains alors qu'ils n'ont pratiquement rien et en mangent pas à leur faim chaque jour car bien souvent les récoltes sont mangées par les criquets! Malgré cela, personne ne se plaint et courageusement tout le monde travaille jusqu'au soir!
Dès mon arrivé dans ce beau pays, je me suis bien senti ; il existe une telle solidarité et un tel partage entre les villageois ! Cela m'a énormément plu !
J'ai également été frappé par l'éducation donnée aux enfants ; en effet, celle-ci est dispensée par l'ensemble des villageois ; lorsqu'un enfant fait une bêtise, le premier adulte qui le constate lui fait la remarque.
Personne ne crie, et on n'entend même pas les enfants pleurer ! Seules les femmes se chamaillent pour des histoires de bassines d'eau lorsqu'elles lavent le linge !
Ce voyage était vraiment bien, je pense souvent à tous les villageois qui travaillent très dur avec courage pour une poignée de mil ou de riz et mon plus grand plaisir est d'y retourner !
C'est pour tout cela que nous devons continuer à appuyer les Burkinabé et à parrainer les jeunes pour leur permettre d'aller au collège !"
Gilles, compagnon à la communauté Emmaüs Norges (21).

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